Il manque des trimestres pour votre retraite à taux plein ? Le rachat est une option légale, mais pas systématiquement rentable. Voici comment fonctionne ce mécanisme, et dans quelles situations il mérite d’être envisagé.
Comment fonctionne le rachat de trimestres
Le rachat de trimestres, ou versement pour la retraite, permet de valider des périodes d’études supérieures ou des années incomplètes, en échange d’un versement à sa caisse de retraite. Deux options existent.
La première, dite « au titre du taux seul », réduit uniquement la décote appliquée à la pension. La seconde, « au titre du taux et de la durée d’assurance », améliore aussi le coefficient de calcul de la pension, mais coûte plus cher.
Le prix d’un trimestre dépend de trois facteurs : l’âge au moment de la demande, le revenu moyen des trois dernières années, et l’option choisie. En 2026, il varie d’environ 1 000 euros à plus de 6 500 euros selon ces critères. Le montant versé est déductible du revenu professionnel imposable, l’année du paiement.
LE COÛT AUGMENTE AVEC L’ÂGE
Coût d’un trimestre racheté, option taux seul, pour un revenu de référence de 48 060 €
Source : barème CNAV, versement pour la retraite, 2026
Quand le rachat peut être avantageux
Le rachat tend à être plus rentable pour les personnes qui approchent de la retraite et auxquelles il manque un nombre limité de trimestres pour atteindre le taux plein. Il permet alors d’éviter une décote qui, une fois appliquée, reste définitive sur toute la durée de la retraite.
L’avantage fiscal joue aussi un rôle : plus le taux d’imposition est élevé, plus la déduction réduit le coût réel du rachat. Un stage en entreprise rémunéré d’au moins deux mois, effectué après mars 2015, permet également de racheter jusqu’à deux trimestres à un tarif préférentiel, fixé à 481 euros en 2026, quel que soit l’âge ou le revenu.
CE QUI EST EN JEU
1,25 %C’est la décote appliquée à la pension pour chaque trimestre manquant au moment du départ, de façon définitive.
Source : Service-Public.fr, 2026
Quand c’est moins pertinent
Les trimestres rachetés ne sont pas pris en compte dans les dispositifs de départ anticipé pour carrière longue, ni pour déclencher une surcote au-delà de la durée requise. Pour les personnes concernées par ces dispositifs, le rachat perd donc une partie de son intérêt.
Plus la demande est faite tôt dans la carrière, plus le trimestre coûte cher, mais l’horizon lointain rend aussi le calcul plus incertain : les règles de calcul de la retraite peuvent évoluer d’ici le départ effectif. À l’inverse, en toute fin de carrière, le coût du trimestre augmente fortement, ce qui réduit la rentabilité de l’opération.
Comment évaluer la rentabilité
Un rachat de trimestres est rentable si le gain mensuel obtenu sur la pension permet de retrouver la somme versée avant un certain nombre d’années de retraite. Ce calcul, parfois appelé point mort, dépend du montant du rachat, du gain de pension obtenu, et de la durée de retraite anticipée.
La demande s’effectue auprès de l’Assurance retraite, qui propose un simulateur en ligne pour estimer ce gain avant tout engagement.
SELON VOTRE SITUATION
Ce qui joue en faveur, ou en défaveur, du rachat
Plutôt favorable
Peu de trimestres manquants en fin de carrière
Taux d’imposition élevé
Stage éligible au tarif préférentiel
Plutôt défavorable
Éligible à une carrière longue
Très loin de la retraite
Rachat très tardif, coût élevé
Source : Le Bas de Laine, à partir des règles CNAV, 2026
Le rachat de trimestres n’est ni systématiquement une bonne, ni une mauvaise opération. Son intérêt dépend de l’âge, des revenus, et du type de départ envisagé. Un simulateur officiel permet d’objectiver ce calcul avant toute décision.
Avez-vous déjà envisagé ou réalisé un rachat de trimestres ? Racontez votre expérience en commentaire.



