Immobilier : faut-il acheter en 2026 ou attendre 2027 ?

Immobilier : faut-il acheter en 2026 ou attendre 2027 ?

Les taux de crédit immobilier remontent à la rentrée, après plusieurs mois de calme. Attendre 2027 en espérant des conditions meilleures peut sembler prudent. Mais le calcul est plus complexe qu’il n’y paraît, car les prix, eux aussi, bougent. Voici ce qu’il faut savoir avant de trancher.

Ce qui se passe sur les taux à la rentrée

Après une accalmie estivale, les taux de crédit immobilier repartent à la hausse depuis la mi-août. Début septembre 2026, les courtiers publient des barèmes proches, mais pas identiques.

Courtier15 ans20 ans25 ans
CAFPI (1er sept.)3,23 %3,43 %3,53 %
Meilleurtaux (1er sept.)3,28 %3,40 %3,50 %
Pretto (3 sept.)3,43 %3,54 %3,61 %

Taux moyens obtenus par les emprunteurs, hors assurance, selon les baromètres publiés début septembre 2026.

Les meilleurs profils continuent d’obtenir des conditions nettement plus favorables, autour de 3,00 % à 3,20 % sur 20 ans selon les établissements.

TAUX SUR 20 ANS, SELON LE COURTIER

Écarts entre baromètres début septembre 2026

Taux moyens sur 20 ans, début septembre 2026 : CAFPI 3,43%, Meilleurtaux 3,40%, Pretto 3,54%.

Source : CAFPI, Meilleurtaux, Pretto, baromètres du 1er au 3 septembre 2026

Pourquoi les taux remontent

Cette hausse tient d’abord au coût de refinancement des banques. Le taux de l’OAT à 10 ans, la référence de la dette de l’État français, a franchi les 4 % fin juillet, pour la première fois depuis 2008-2009. Il atteignait 4,24 % début septembre, contre moins de 3,60 % fin juin.

S’y ajoute une inflation qui reste au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne, dont la réunion du 10 septembre est très surveillée par les courtiers. Une nouvelle hausse de ses taux directeurs pourrait accentuer la tendance dans les prochaines semaines.

LA REMONTÉE DE L’OAT 10 ANS

Le taux qui pèse sur le refinancement des banques

OAT 10 ans : moins de 3,60% fin juin 2026, plus de 4% fin juillet 2026, 4,24% début septembre 2026.

Source : Agence France Trésor, données de marché, septembre 2026

Et du côté des prix ?

Selon l’indice notaires-Insee, les prix de l’immobilier ancien reculent de 0,8 % sur un an au deuxième trimestre 2026, tirés vers le bas par les maisons individuelles, en baisse de 1,3 %. En région parisienne, la baisse touche surtout les maisons, tandis que les appartements résistent mieux.

Les notaires anticipent toutefois une légère remontée des prix d’ici la fin de l’année. Une perspective qui pourrait toutefois être freinée si la hausse des taux se poursuit et limite la capacité d’achat des ménages.

Le calcul qui doit faire réfléchir

Attendre une baisse des taux en 2027 part d’une logique simple : emprunter moins cher réduit la mensualité. Mais ce raisonnement ignore souvent l’autre variable du calcul, à savoir le prix du bien lui-même.

Selon une analyse de Capital.fr, une hausse des prix de seulement 3 % suffirait à effacer presque tout le gain apporté par une baisse de taux de 0,50 point. Le mécanisme est simple à comprendre : la mensualité dépend à la fois du montant emprunté et du taux appliqué. Un bien plus cher, même emprunté à un taux plus bas, peut donc coûter au final aussi cher qu’un bien moins cher emprunté à un taux plus élevé.

CE QUI PEUT ANNULER LE GAIN D’UN TAUX PLUS BAS

Deux forces qui jouent en sens inverse sur votre mensualité

Si vous attendez 2027

-0,50 pt

de taux espéré, mensualité allégée

+

Risque associé

+3 %

de hausse du prix du bien, montant emprunté plus élevé

=

Résultat

Gain presque effacé

sur la mensualité finale

Source : analyse Capital.fr, septembre 2026

Ce qu’il faut surveiller d’ici la fin de l’année

Le taux d’usure, plafond légal que les banques ne peuvent pas dépasser, doit être révisé au 1er octobre 2026, ce qui pourrait redonner un peu de marge à certains dossiers actuellement bloqués.

Plusieurs courtiers évoquent une poursuite progressive de la hausse des taux, de l’ordre de 0,3 à 0,5 point d’ici la fin de l’année, ce qui porterait le taux moyen sur 20 ans vers 3,70 % à 4,00 %. À ce jour, aucun baromètre ne relève encore ce niveau en moyenne.

Il n’existe pas de réponse valable pour tout le monde. Le bon moment pour acheter dépend de votre projet, de votre capacité d’emprunt actuelle, et de votre tolérance à l’incertitude sur l’évolution des taux et des prix. Un courtier ou un simulateur permet d’objectiver ce calcul pour votre situation précise.

Vous êtes en pleine réflexion d’achat ? Dites-nous où vous en êtes en commentaire.

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