Préparer sa retraite : ce que font vraiment les Français

Préparer sa retraite : ce que font vraiment les Français

Cette semaine, nous vous posions la question : comment préparez-vous votre retraite en ce moment ? Peu importe votre réponse, elle dit quelque chose de votre situation. Voici ce que les études françaises révèlent sur chaque profil.

Question de la semaine
Comment préparez-vous votre retraite en ce moment ?
A
J’épargne sur un PER ou une assurance-vie
B
Je mise sur l’immobilier
C
Je n’ai pas encore commencé
D
Je compte surtout sur ma pension d’État
Vous faites partie des 39 % de Français qui veulent épargner davantage pour leur retraite — un record historique selon le baromètre Ipsos / Cercle des Épargnants 2025. Le dossier complet arrive cette semaine.
Vous êtes en bonne compagnie : 66 % des Français voient l’immobilier comme un levier de retraite. Les loyers sont indexés sur l’IRL, ce qui protège mécaniquement contre l’inflation. Le dossier complet arrive cette semaine.
72 % des actifs anticipent une baisse de leur niveau de vie à la retraite. Pourtant, beaucoup n’ont pas encore commencé. Ouvrir une assurance-vie aujourd’hui, même avec 50 euros, fait démarrer le compteur fiscal des 8 ans. Le dossier complet arrive cette semaine.
La pension nette moyenne en France s’élève à 1 500 euros par mois. Or, il en faut au moins 1 700 euros pour vivre dignement à la retraite. L’écart représente 48 000 euros sur 20 ans. Le dossier complet arrive cette semaine.

A — Vous épargnez sur un PER ou une assurance-vie

39 %

des Français déclarent vouloir épargner davantage pour leur retraite en 2026. C’est un record historique depuis le début de l’enquête, en hausse de 8 points en un an.

Source : baromètre Ipsos / Cercle des Épargnants « Les Français, l’Épargne et la Retraite », édition 2025

Le PER : un avantage fiscal immédiat

Vous faites partie des plus actifs sur le sujet. Le PER est l’outil le plus puissant fiscalement. Chaque versement réduit votre revenu imposable. Ainsi, un contribuable à 30 % de tranche marginale qui place 5 000 euros dans un PER économise 1 500 euros d’impôt la même année.

Les encours du PER dépassent 180 milliards d’euros en 2026, pour plus de 15 millions de titulaires. Ce succès s’explique par la combinaison d’un avantage fiscal à l’entrée et d’une grande souplesse sur les supports. Pourtant, un risque existe. En 2025, la détention de produits d’épargne retraite a reculé légèrement après sept années de hausse consécutive. La baisse des taux des livrets pousse certains épargnants à arbitrer vers l’assurance-vie liquide plutôt que vers le PER bloqué.

L’assurance-vie : la souplesse avant tout

L’assurance-vie dépasse 2 100 milliards d’euros d’encours fin 2025. Sa force reste la liquidité. Contrairement au PER, vous pouvez retirer à tout moment. Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 euros s’applique sur vos gains. C’est aussi un outil de transmission puissant, hors succession.

Source : Meilleurtaux Placement — encours PER 2026. Raisin — épargne moyenne Français 2026. ACPR — fonds euros 2025 : rendement moyen 2,6 % brut.

B — Vous misez sur l’immobilier

66 %

des Français voient l’immobilier comme un levier de préparation de la retraite. Pour 31 % d’entre eux, c’est même « absolument » l’outil central de leur stratégie retraite.

Source : sondage réalisé en novembre 2025 auprès de 5 604 personnes, publié en décembre 2025 (MySweetImmo / Presse Agence)

La logique d’un bien remboursé avant la retraite

La stratégie est simple et ancienne. Acheter à 40 ans, rembourser sur 20 ans, et percevoir des loyers à 60 ans. Les loyers sont indexés sur l’IRL, l’indice de référence des loyers publié par l’INSEE. Cela protège mécaniquement contre l’inflation. En outre, 56 % des Français déclarent acheter pour transmettre un patrimoine à leurs enfants. La retraite et la transmission se confondent dans la même logique patrimoniale.

Les contraintes à anticiper

L’immobilier locatif demande un apport, un crédit, une gestion active et une capacité à absorber les périodes de vacance. La règle HCSF limite le taux d’endettement à 35 % des revenus. Par ailleurs, les revenus fonciers sont imposés. Concrètement, les SCPI permettent une exposition immobilière dès 200 euros, sans gestion directe. Leur rendement moyen atteint 4,91 % en 2025. Mais leur liquidité reste limitée. Ce n’est pas un substitut à la pierre directe, c’est un complément.

C — Vous n’avez pas encore commencé

72 %

des actifs français anticipent une baisse de leur niveau de vie à la retraite. Pourtant, beaucoup n’ont pas encore ouvert de placement dédié.

Source : baromètre IFOP / Altaprofits, vague 7, avril 2025

Le coût réel de l’attente

Commencer tard coûte cher. Un épargnant qui place 200 euros par mois à 35 ans sur un ETF indiciel à 7 % annuel moyen dispose de 230 000 euros à 65 ans. S’il commence à 45 ans, il obtient seulement 100 000 euros pour le même effort mensuel. L’écart est de 130 000 euros pour 10 ans d’attente. C’est la puissance des intérêts composés.

Par où commencer concrètement

D’abord, vérifier son éligibilité au LEP. Son taux est de 2,5 % net en 2026 et il bat l’inflation. Ensuite, ouvrir une assurance-vie dès maintenant. Le compteur des 8 ans fiscal démarre à l’ouverture. Enfin, regarder le PER si vous êtes imposable. La déduction fiscale immédiate donne un rendement garanti dès la première année. Attendre une situation financière parfaite avant d’agir, c’est souvent attendre trop longtemps.

D — Vous comptez sur votre pension d’État

1 500 €

C’est la pension de retraite nette moyenne en France en 2026. Pour vivre dignement, les experts estiment qu’un retraité a besoin d’au moins 1 700 euros par mois.

Source : CultureFemme.com / DREES, données 2026. Montant minimum estimé pour vivre dignement : 1 700 euros net par mois selon les analyses de besoins actualisées.

L’écart entre pension et niveau de vie

La pension moyenne nette stagne à 1 500 euros. En parallèle, le budget minimum pour vivre dignement à la retraite monte à 1 700 euros en 2026 selon les estimations actualisées. L’écart de 200 euros par mois représente 2 400 euros par an. Sur 20 ans de retraite, ce sont 48 000 euros que le système public ne couvre pas.

Ce que la réforme ne change pas

La suspension de la réforme des retraites de 2023 offre quelques mois de plus à certaines générations. Pourtant, elle ne résout rien sur le fond. La loi prévoit explicitement que la trajectoire vers 64 ans reprend dès 2028. Par ailleurs, 45 % des Français expriment leur crainte d’être trop dépendants du système public. Compter uniquement sur la pension d’État, c’est s’exposer à un déficit structurel qui ira croissant avec les déséquilibres démographiques.

Peu importe votre réponse, un point ressort de toutes les études. Préparer sa retraite en dehors du système public est devenu une nécessité, pas une option. La question n’est plus si, mais comment et avec quels outils.

Et vous, avez-vous l’impression de préparer suffisamment votre retraite ? Dites-nous en commentaire.

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