L’or dépasse 5 000 dollars l’once en 2026. Sa progression sur dix ans atteint 300 %. De plus en plus de particuliers s’y intéressent. Avant d’acheter, deux grandes voies s’offrent à eux : détenir le métal directement, ou y accéder via des produits financiers.
Or physique : lingots, pièces et stockage
L’or physique désigne les lingots, lingotins et pièces d’investissement. On y trouve les pièces françaises (le Napoléon de 20 francs), mais aussi les grands classiques internationaux : Maple Leaf canadien, Krugerrand sud-africain, Philharmoniker autrichien.
L’achat d’or d’investissement est exonéré de TVA en France. Cette exonération découle d’une directive européenne, transposée à l’article 298 sexdecies du Code général des impôts. Elle s’applique aux lingots d’une pureté supérieure ou égale à 995 millièmes, et aux pièces frappées après 1800 dont la pureté dépasse 900 millièmes.
La contrainte principale reste le stockage. Un coffre bancaire ou un prestataire agréé garantissent la sécurité du métal. Ces solutions génèrent des frais annuels. Conserver de l’or chez soi expose au risque de vol, difficile à couvrir intégralement par une assurance habitation classique.
À la revente, deux régimes fiscaux coexistent : la taxe forfaitaire sur les métaux précieux (11,5 % du prix de vente) ou le régime des plus-values réelles (37,6 % depuis 2026), avec un abattement de 5 % par an à partir de la troisième année. Sans facture d’achat nominative, seul le forfait s’applique.
Source : article 298 sexdecies du CGI (exonération TVA or d’investissement) — Légifrance. Article 150 VJ et 150 UA du CGI (fiscalité à la revente).
Or papier : ETC et sociétés minières
L’or « papier » permet de s’exposer au cours du métal sans le détenir physiquement. Le produit le plus répandu est l’ETC (Exchange Traded Commodity). Un ETC or est un titre coté en bourse, adossé à de l’or physique stocké dans des coffres sécurisés par l’émetteur.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) encadre ces produits. Avant d’investir, elle recommande de lire le document d’informations clés (DIC) de chaque produit. Ce document précise les risques, les frais et les conditions de remboursement.
Point à retenir : les ETC or ne sont pas éligibles au PEA. Ils s’investissent via un compte-titres ordinaire (CTO). Les gains s’y soumettent au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux).
Une troisième voie existe : les actions de sociétés minières cotées en bourse. Leur cours amplifie souvent les mouvements du métal à la hausse comme à la baisse. Ce sont des actions classiques, soumises à la même fiscalité que les autres titres boursiers.
Ce que l’or apporte à un portefeuille
L’or présente une faible corrélation avec les marchés actions. Quand les Bourses chutent, l’or tend à résister, voire à progresser. Cette propriété en fait un outil de diversification, utilisé par les grands fonds institutionnels depuis des décennies.
Sa réputation de valeur refuge tient à l’histoire. Pendant la crise financière de 2008, le cours de l’or a progressé de plus de 25 % en douze mois alors que les indices boursiers s’effondraient. Même logique observée pendant la crise Covid en 2020.
L’or physique échappe à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) depuis 2018. Il n’entre pas dans l’assiette de calcul, contrairement aux biens immobiliers ou à certaines parts de SCPI.
Enfin, l’or offre une liquidité élevée. Un lingot standardisé LBMA (London Bullion Market Association) se revend auprès de n’importe quel négociant agréé. Un ETC se liquide en quelques secondes pendant les heures de marché.
Or physique ou papier : les deux voies répondent à des besoins différents. Le physique offre une détention directe, sans intermédiaire. Le papier simplifie l’accès et réduit les contraintes de stockage. La fiscalité, elle, s’applique dans les deux cas dès la revente.



