La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend la reforme des retraites de 2023 jusqu’en 2028. A partir du 1er septembre 2026, les personnes nées entre 1964 et 1968 partent 3 a 6 mois plus tôt que prévu.
Mais ce calendrier comporte des nuances importantes a connaitre avant de décider.
Ce que la loi change concrètement
La LFSS pour 2026, promulguee le 31 decembre 2025 et publiee au Journal officiel le meme jour, suspend deux mesures cles de la reforme de 2023. D’abord, le relevement progressif de l’age legal de 62 a 64 ans. Ensuite, la duree d’assurance requise pour le taux plein, qui devait atteindre 172 trimestres.
A partir du 1er septembre 2026, l’âge légal est fige a 62 ans et 9 mois pour les assures nés en 1964 et au 1er trimestre 1965. La durée d’assurance requise reste a 170 trimestres pour ces mêmes générations, soit un a deux trimestres de moins qu’attendu.
Les personnes nees entre le 2e trimestre 1965 et fin 1968 beneficient d’un gain de 3 mois sur l’age de depart, mais sans reduction du nombre de trimestres requis. L’age legal a 64 ans s’appliquera uniquement aux personnes nees a partir du 1er janvier 1969, au lieu du 1er janvier 1968.
La generation nee au 1er trimestre 1965 est la plus avantagee. Elle gagne 6 mois sur l’age legal et 2 trimestres de moins pour le taux plein.
Source : loi n° 2025-1403 du 31 décembre 2025 — LFSS 2026, publiée au JO du 31/12/2025. Service-Public.fr, actualité du 27 février 2026 : « Suspension de la reforme des retraites : qui est concerne ? »
Qui part vraiment plus tôt en 2026 ?
La suspension ne produit pas d’effet avant le 1er septembre 2026. Les retraites liquidées avant cette date restent soumises aux règles issues de la reforme de 2023. Ce point est crucial pour ceux qui envisagent un départ dans les prochains mois.
L’Assurance retraite a publie ses projections le 9 février 2026. Selon Renaud Villard, son directeur général, 2,2 millions de personnes nées entre 1964 et 1968 bénéficient de la mesure. Parmi elles, 1,2 million partiront plus tôt, en moyenne de 3 mois. Un million percevront une pension légèrement supérieure grâce a la réduction du nombre de trimestres requis.
En 2026 spécifiquement, 64 000 personnes partiront plus tôt, dont 10 000 a 15 000 au titre des carrières longues. L’effet de masse se déployera jusqu’en 2031, quand les derniers assures nés en 1968 atteindront l’âge légal.
La suspension concerne aussi les fonctionnaires, quel que soit leur statut. Les agents de la CNRACL en catégorie sédentaire nés en 1964 et au 1er trimestre 1965 conservent un âge légal a 62 ans et 9 mois et une durée d’assurance de 170 trimestres.
L’âge légal n’est pas une garantie de taux plein
Partir a l’âge légal suspendu ne garantit pas automatiquement une pension sans décote. L’âge légal est un plancher, pas un droit au taux plein. Si l’assure n’a pas valide le nombre de trimestres requis, sa pension subit une décote de 1,25 % par trimestre manquant.
Un assure ne en 1964 peut partir a 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres et obtenir une pension a taux plein. S’il lui manque 2 trimestres, la décote atteint 2,5 %. Sur une pension de 1 500 euros, c’est 37,50 euros de moins a vie.
La suspension ne remet pas en cause la reforme de 2023 sur le fond. Elle ajourne le relèvement progressif de l’âge légal jusqu’à l’élection présidentielle de 2027. A partir de 2028, la trajectoire vers 64 ans reprend, sauf nouvelle décision législative.
Si vous êtes ne entre 1964 et 1968, vérifiez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr. La suspension peut vous faire gagner un trimestre de liberté. Mais elle ne remplace pas le décompte de vos trimestres valides.



