L’once d’or dépasse 5 000 dollars en mars 2026. Le lingot d’un kilo vaut désormais plus de 143 000 euros. Des millions de Français détiennent de l’or physique.
Beaucoup ignorent ce que l’État leur prend au moment de vendre — et ce qui a changé depuis le 1er janvier 2026.
Un record, une hausse de 70 % en un an
Le cours de l’or a progressé de près de 70 % en douze mois. L’once valait moins de 3 000 dollars début 2025. Elle franchit les 5 000 dollars en mars 2026. Sur dix ans, la valorisation dépasse 300 %.
Trois moteurs expliquent cette hausse. Les banques centrales du monde entier achètent de l’or comme elles ne l’avaient plus fait depuis des décennies.
Selon le World Gold Council, la demande mondiale a atteint 1 313 tonnes au troisième trimestre 2025. Les tensions géopolitiques poussent aussi les investisseurs vers les valeurs refuges.
Enfin, l’affaiblissement du dollar américain rend l’or plus accessible en euros.
En septembre 2025, pour la première fois depuis plus de trente ans, la valeur de l’or des banques centrales a dépassé celle des bons du Trésor américain.
Ce que la vente vous coûte en 2026
La France applique deux régimes fiscaux distincts à la revente d’or physique (lingots, pièces).
Le premier s’applique par défaut : la taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TMP). Elle représente 11,5 % du prix total de vente, sans tenir compte de ce que vous avez payé à l’achat. Même une vente à perte déclenche cette taxe.
Le second régime taxe uniquement votre plus-value réelle. Il exige une facture nominative prouvant votre prix et votre date d’achat. Ce régime applique un taux de 37,6 % depuis le 1er janvier 2026. C’était 36,2 % jusqu’en 2025.
Cette hausse de 1,4 point vient de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. L’article 12 de cette loi a relevé la CSG de 9,2 % à 10,6 %.
Les prélèvements sociaux passent ainsi de 17,2 % à 18,6 %. Sur une plus-value de 10 000 euros sans abattement, la facture fiscale grimpe de 3 620 euros à 3 760 euros, soit 140 euros de plus.
Source : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 12 (JO du 31 décembre 2025). Service-Public.fr, publié le 10 février 2026. Légifrance, article 150 VJ du Code général des impôts (taxe forfaitaire), article 150 UA (régime plus-values).
La facture baisse avec le temps
Le régime des plus-values réelles offre un abattement de 5 % par an à partir de la troisième année de détention. Après douze ans, la moitié de votre plus-value échappe à l’impôt. Après vingt-deux ans, l’exonération est totale : vous ne payez plus rien.
Ce mécanisme rend le choix du régime crucial. Pour un achat récent avec une forte plus-value, la taxe forfaitaire de 11,5 % sur le montant total peut s’avérer moins chère. Pour un achat ancien à bas prix, le régime des plus-values avec abattements devient bien plus favorable.
Un point essentiel : sans facture nominative d’achat, vous ne pouvez pas opter pour le régime des plus-values. La taxe forfaitaire de 11,5 % s’applique alors automatiquement — même si vous vendez à perte.
Autre détail à connaître : l’or physique ne figure pas dans l’assiette de l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) depuis 2018. Et l’achat d’or d’investissement ne déclenche aucune TVA.
L’or franchit des sommets historiques. La fiscalité française sur sa revente a durci en 2026. Avant de vendre, deux questions s’imposent : avez-vous votre facture d’achat ? Et quel régime vous coûte le moins ?



