Depuis le 1er mars 2026, commander un article sur une plateforme basée hors de l’Union européenne coûte 2 euros de plus — par produit, pas par colis.
Une nouvelle taxe, inscrite dans la loi de finances 2026, est entrée en vigueur sans grande publicité.
Elle change le calcul pour quiconque achète régulièrement en ligne à bas prix.
Ce qui s’applique depuis le 1er mars
L’article 82 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a instauré une taxe dite « taxe sur les petits colis » (TPC). Son montant : 2 euros par article contenu dans tout envoi d’une valeur inférieure à 150 euros, en provenance d’un pays hors Union européenne.
Elle s’applique en France métropolitaine, en Martinique, en Guadeloupe, à La Réunion et à Monaco. La Guyane, Mayotte et Saint-Martin en sont exclus.
Le calcul se fait par article et non par colis : un envoi de 100 euros contenant dix produits distincts génère une taxe de 20 euros — soit 20 % du prix payé, selon l’exemple fourni par info.gouv.fr. Pour un seul article dans le même colis, la taxe reste à 2 euros.
Pourquoi cette taxe existe
Jusqu’au 28 février 2026, les colis de moins de 150 euros importés depuis des pays tiers bénéficiaient d’une franchise douanière.
Cette exemption, pensée à l’origine pour les envois entre particuliers, est devenue le moteur d’un commerce massif : des plateformes basées en Asie l’utilisaient pour inonder le marché français de produits très bon marché sans supporter les mêmes contraintes fiscales que les commerçants européens.
La loi de finances 2026 a choisi de corriger cet avantage. L’objectif affiché par le gouvernement, tel que publié sur info.gouv.fr, est de « limiter les importations de produits très bon marché et encourager le recours aux circuits courts et aux commerces de proximité ».
La taxe est présentée comme provisoire : elle doit être abrogée au plus tard le 31 décembre 2026, date à laquelle un mécanisme similaire est prévu à l’échelle de l’Union européenne.
Ce que ça change dans votre budget d’achat en ligne
La taxe est collectée en amont par les plateformes ou les opérateurs logistiques, puis reversée à l’État. En pratique, elle apparaît directement sur la facture au moment du paiement. L’acheteur n’a aucune démarche à faire.
L’impact varie fortement selon le type d’achat. Pour un article unique à 20 euros, la taxe de 2 euros représente 10 % du prix payé. Pour dix articles à 5 euros chacun dans un même colis — une pratique courante sur les plateformes de mode à bas coût — la taxe grimpe à 20 euros, soit 40 % du montant total de la commande. À l’inverse, un seul article à 140 euros n’est taxé que de 2 euros, soit 1,4 %.
Les achats sur des sites basés dans l’Union européenne ne sont pas concernés : la taxe ne s’applique qu’aux importations depuis des pays tiers.
Un calendrier à connaître
La taxe française ne sera pas seule longtemps. Le Conseil de l’Union européenne a décidé, le 12 décembre 2025, d’instaurer des droits de douane forfaitaires de 3 euros par catégorie d’article sur les mêmes envois, à compter du 1er juillet 2026.
Ces deux dispositifs sont cumulatifs selon le ministère de l’Économie. Un article importé hors UE pourrait donc supporter, à partir de l’été, les deux taxes en même temps : la taxe française de 2 euros et le droit de douane européen de 3 euros, soit 5 euros par catégorie d’article — avant TVA.
La taxe est discrète sur votre facture, mais son impact dépend entièrement du nombre d’articles commandés. Moins vous en commandez à la fois, moins elle pèse. Plus votre colis en contient, plus la note monte vite.



