Le gazole frôle les 2 euros à la pompe : voici ce que la guerre au Moyen-Orient a déjà changé pour votre plein

Le gazole frôle les 2 euros à la pompe : voici ce que la guerre au Moyen-Orient a déjà changé pour votre plein

Note éditoriale : Cet article repose exclusivement sur des données vérifiées au 10 mars 2026. La situation géopolitique et les prix du pétrole évoluent quotidiennement. Les chiffres cités reflètent la réalité constatée à la date de publication. Les perspectives mentionnées sont explicitement attribuées à leurs auteurs.

En moins de deux semaines, le prix du gazole a bondi de plus de 25 centimes par litre dans les stations françaises.

Ce n’est pas une anticipation : les données publiées par le ministère de l’Économie le confirment. La cause directe est le conflit armé entre les États-Unis, Israël et l’Iran, déclenché le 28 février 2026, qui a perturbé l’acheminement du pétrole par le détroit d’Ormuz.

Ce que coûtait votre plein avant — et ce qu’il coûte maintenant

Le 27 février 2026, veille des premières frappes israélo-américaines en Iran, les données du site prix-carburants.gouv.fr — géré par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) — enregistraient les prix moyens suivants en France métropolitaine : 1,772 euro par litre pour le sans-plomb 95, et 1,722 euro par litre pour le gazole.

Dès le 4 mars, le gazole avait atteint 1,805 euro en moyenne, selon la même source. Le 8 mars, Connaissance des Énergies relevait un prix moyen du gazole autour de 1,98 euro.

Selon franceinfo, citant les données du ministère de l’Économie, le seuil symbolique de 2 euros a été franchi dans une partie des stations le 9 mars 2026.

En une semaine, la hausse atteignait donc environ 26 centimes sur le gazole, soit une progression de 15 %. Pour un plein de 50 litres, la facture supplémentaire dépasse 10 euros.

Le détroit d’Ormuz : pourquoi un couloir de 39 kilomètres fait trembler les prix mondiaux

Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est le passage obligé d’environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) consommés dans le monde, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie.

L’Iran en a imposé la fermeture aux navires commerciaux dès le début du conflit, bloquant instantanément une centaine et demie de pétroliers et navires de fret selon les sources disponibles.

La réaction des marchés a été immédiate. Le baril de Brent — référence européenne pour le pétrole — est passé de 70,91 dollars le 26 février à 82,58 dollars le 4 mars, soit +16,5 % en six jours selon les données de marché relevées par L’Argus.

Le 9 mars, il a brièvement franchi 119 dollars, soit une hausse de 30 % en quelques heures et un niveau inégalé depuis le début de la guerre en Ukraine en mars 2022, selon franceinfo.

Le jour même, Donald Trump déclarait à la chaîne CBS que la guerre était « quasiment finie ». Le Brent est redescendu à environ 87 dollars en soirée, selon le même média.

Comment le prix du baril arrive dans votre réservoir

La transmission entre le cours mondial du pétrole et le prix affiché à la pompe n’est ni immédiate ni proportionnelle.

Le prix final que vous payez se décompose en trois grandes parties : le coût du pétrole brut et du raffinage (environ un tiers du prix), les taxes fixes — principalement la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), fixée à 60 centimes par litre pour le gazole et 67 centimes pour le SP95, et la TVA à 20 % — et enfin la marge du distributeur, généralement de l’ordre de 1 à 2 centimes par litre selon le ministère de l’Économie.

La TICPE ne varie pas avec le cours du pétrole. Ce caractère fixe des taxes joue à la fois comme amortisseur à la hausse (la hausse du brut ne se répercute que sur le tiers du prix non taxé) et comme frein à la baisse (quand le brut baisse, le prix à la pompe ne suit pas au même rythme).

Depuis le 1er janvier 2026, s’y ajoute une contribution au dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE), qui a alourdi les prix de 5 à 6 centimes par litre.

Ce que fait le gouvernement — et ce qu’il ne fait pas (encore)

Le 5 mars 2026, le ministre de l’Économie Roland Lescure a réuni à Bercy les représentants des distributeurs de carburant. Il a annoncé le déclenchement d’un plan de 500 contrôles surprises dans les stations-service, menés par la DGCCRF, pour vérifier que les hausses appliquées restent cohérentes avec l’évolution réelle du cours du brut.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a formulé la position gouvernementale sans ambiguïté : « La guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe. »

Le gouvernement a par ailleurs indiqué que la France disposait de 118 jours d’importations nettes de pétrole en réserves stratégiques, et que le risque de rupture d’approvisionnement était écarté à court terme.

À ce stade, le ministère de l’Économie a exclu l’instauration d’une aide au carburant ou d’une baisse du taux de TVA applicable, estimant que les prix à la pompe résultent de la concurrence entre enseignes.

Les pays du G7 se sont réunis le 9 mars pour discuter d’un recours éventuel aux réserves stratégiques mondiales, selon franceinfo.

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a rappelé à plusieurs reprises depuis le début du conflit que « 2026 n’est pas 2022 » : la France est aujourd’hui moins dépendante du pétrole du Golfe qu’elle ne l’était lors de la guerre en Ukraine, et ses sources d’approvisionnement sont plus diversifiées.

La France n’achète pas directement à l’Iran. La situation reste mobile. Le 10 mars, après les déclarations de Trump sur une fin de guerre « imminente », le Brent avait reflué à environ 87 dollars — loin des 119 dollars du pic de la veille.

Mais l’Iran a affirmé le même jour qu’il poursuivrait le conflit « aussi longtemps que nécessaire ». Tant que le détroit d’Ormuz reste sous tension, le prix affiché à la pompe restera supérieur à ce qu’il était en février.

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