Depuis le 1er mai 2026, le prix du gaz a bondi de 15,4 % pour les 7,5 millions de ménages dont le contrat est indexé sur le prix repère de la CRE. La cause : la guerre au Moyen-Orient, qui a fait ponctuellement doubler les cours sur les marchés de gros.
La mauvaise nouvelle, c’est que la prochaine hausse est déjà visible sur les marchés. La bonne, c’est qu’il existe des façons concrètes de s’en protéger.
Ce qui a provoqué cette hausse
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie chaque mois un prix repère du gaz naturel, qui sert de référence depuis la suppression des tarifs réglementés en juin 2023.
Ce prix intègre les cours des marchés de gros avec un décalage de deux mois environ. Ce mécanisme crée un effet ciseau : quand les cours s’emballent, les ménages ne le ressentent pas immédiatement — mais ils finissent toujours par le payer.
C’est ce qui s’est passé en mai. La flambée des marchés de gros, consécutive au blocage du détroit d’Ormuz et à la guerre en Iran, a provoqué des cours qui ont ponctuellement doublé entre fin février et début mars. Ces hausses se sont répercutées sur le prix repère de mai, publié début avril : +15,4 %, soit une hausse moyenne de 6,19 euros TTC sur la facture de mai pour un ménage chauffé au gaz selon la CRE.
La hausse aurait pu être encore plus brutale. La légère baisse d’avril (-0,70 %) avait artificiellement atténué le choc, en reflétant des cours de marché d’avant la crise. Mai a rattrapé le retard.
Source : CRE — communiqué du 8 avril 2026 : prix repère gaz +15,4 % TTC au 1er mai 2026 (160,54 €/MWh TTC contre 139,12 €/MWh en avril). Impact moyen : +6,19 € TTC sur la facture de mai. Service-Public.fr, actualité du 8 avril 2026.
Êtes-vous vraiment concerné ?
Tout dépend du type de contrat que vous avez signé avec votre fournisseur. Les contrats à prix indexé — dont le tarif suit le prix repère de la CRE — sont directement touchés. Ils représentent environ 73 % des abonnés résidentiels au gaz en France, soit 7,5 millions de foyers selon les données CRE. Ces ménages voient la hausse apparaître sur leur facture de mai.
Les clients engagés sur une offre à prix fixe ne sont pas affectés — du moins jusqu’à l’expiration de leur contrat. Si votre offre à prix fixe arrive à terme dans les prochains mois, c’est le moment de regarder ce qui se passe sur le marché avant de renouveler.
Les ménages qui n’utilisent le gaz que pour la cuisson ou l’eau chaude — sans chauffage au gaz — subissent la hausse, mais sur une consommation annuelle bien plus faible. L’impact réel dépend de votre profil. La CRE publie sur son site un simulateur gratuit pour estimer votre consommation type.
La facture de gaz en dix ans : +134 %
La hausse de mai ne s’inscrit pas dans un vide. Sur dix ans, la facture annuelle d’un ménage chauffé au gaz est passée de 747 euros en mai 2016 à 1 750 euros en mai 2026, soit une progression de 134 % pour une consommation de référence de 11 200 kWh par an. En dix ans, ce ménage paie 1 000 euros de plus par an pour se chauffer.
Cette inflation structurelle du gaz n’apparaît pas dans l’indice des prix officiel de la même façon. L’INSEE calcule son indice sur un panier moyen de consommation, et l’énergie n’y pèse qu’environ 8 à 9 %. Pour un ménage qui se chauffe au gaz, le ressenti réel est très supérieur à l’inflation globale affichée à +1,7 % en mars 2026.
Le mois de juin s’annonce plus clément : les marchés de gros ont reflué depuis les pics de mars. Les données Selectra et fournisseurs-electricite.com projettent une baisse de 6,6 % du prix repère en juin.
Mais les projections à plus long terme restent orientées à la hausse : les marchés à terme signalent des prix élevés au moins jusqu’en 2028.
Source : Selectra — calculs sur base CRE. Évolution facture gaz (11 200 kWh/an, zone 1) : 747 € en mai 2016 / 1 750 € en mai 2026. Projection juin 2026 : -6,6 % sur le prix repère chauffage.
Ce que vous pouvez faire maintenant
La première action concrète est de vérifier le type de votre contrat. Si vous êtes en offre indexée, vous pouvez basculer vers une offre à prix fixe à tout moment, sans frais de résiliation. Le changement de fournisseur est gratuit, sans coupure, et prend environ deux semaines.
La deuxième action est de réduire votre consommation de pointe. En période hors chauffage (mai à septembre), la facture gaz est structurellement plus faible. C’est le moment de programmer les travaux d’isolation, de faire réviser votre chaudière (obligatoire chaque année) et d’identifier les gisements d’économies avant l’hiver.
Enfin, si vous n’avez pas encore vérifié votre éligibilité au chèque énergie 2026, c’est urgent. Il est attribué automatiquement à environ 5,6 millions de ménages modestes par la DGFiP, sur la base de la déclaration de revenus. Son montant moyen est de 150 euros. Les ménages éligibles n’ayant pas reçu leur chèque peuvent le réclamer via le site chequeenergie.gouv.fr.
La hausse de mai est réelle, chiffrée, et confirmée par la CRE. Mais elle ne touche pas tout le monde de la même façon, et trois leviers simples permettent d’en limiter l’impact : changer de contrat, réduire la consommation, activer les aides disponibles.
Avez-vous déjà comparé vos offres de gaz ? Dites-nous en commentaire si vous avez trouvé mieux.



